L’expédition de 1664, désastreuse retraite (Charles Féraud).
Cette désastreuse retraite coûta quatorze cents hommes, trente pièces de canon de fonte, quinze de fer, et plus de cinquante mortiers.
Lors de notre débarquement à Gigelli, en 1839, nous avons retrouvé plusieurs de ces canons (de l’expédition de 1664, ndlr) couchés et abandonnés sur la plage; on les a ramassés et déposés dans un magasin de l’artillerie, où on peut les voir à côté d’autres débris de ferraille, de boulets et de fragments de cuirasse, n’ayant d’autre valeur que celle qui se rattache à leur provenance.
Et à ce propos, nous devons ajouter que, par les objets mêmes de cette époque conservés par les indigènes, nous pouvons nous rendre à peu près compte du nombre d’ennemis que Gadagne eut sur les bras. En effet, l’annonce d’un débarquement des chrétiens et l’appel à la défense du territoire durent attirer, devant Gigelli, les contingents de tout le massif des montagnes qui s’étendent de Bône à Bougie.

Le 1er janvier 1839, un brick français, l’Indépendant, parti d’Alger avec un chargement de blé pour le compte de l’administration, avait fait côte à hauteur de l’oued Djendjen, à peu de distance de Gigelli. Les Kabiles, habitant le voisinage du lieu du sinistre, attaquèrent les naufragés au nombre de neuf, les firent prisonniers après les avoir blessés, et refusèrent de les relâcher si on ne leur payait une rançon pour laquelle ils n’exigeaient pas moins de douze cents douros (6,000 fr).